C’est quoi au juste, le « Clean Eating » ?

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Cliquez sur le hashtag #cleaneating sur Instagram et voilà 35 millions d’images, présentant des salades colorées, des ventres plats et des ados rayonnantes tenant un smoothie vert. On ne va pas nier le pouvoir du mouvement mais, ce pouvoir est-il bien utilisé – et d’ailleurs, ça veut dire quoi Clean Eating ?

Bonne question. Cela fait des décennies que nous connaissons l’importance des aliments frais, non transformés, et des légumes en quantité, mais ces quelques dernières années, les blogueuses bien-être nous le rappellent et le répètent sans arrêt.

D’où vient l’expression ?

“Clean Eating” – ou manger “propre” ; manger “bien” – est le terme sorti de ce mouvement, utilisé pour décrire la nourriture fraiche et riche en nutriments, cuisinée de zéro. Ce qu’il suggère est cependant moins clair. Certains l’associent avec un régime bio, d’autres un régime alcalin, beaucoup avec un régime vegan – d’autres encore s’en servent pour justifier une alimentation hyper restrictive, ne comprenant pas grand-chose de plus que des légumes, des noix et des graines. Certains remplacent des repas par des « energy balls » et appellent ça clean, ou étalent du pesto sans fromage sur des courgettes et en font un plat de resto.

Beaucoup de blogueurs et stars des réseaux sociaux associés au mouvement sont connues pour renier des groupes d’aliments entiers – les produits laitiers, le gluten, les céréales, les produits animaux – et du coup ces restrictions sont désormais attachées à la définition. Le dictionnaire anglais définit le Clean Eating comme : « se rapportant à un régime constitué d’aliments non transformés, non raffinés, et riches en nutriments, typiquement consommés en petits repas au cours de la journée ». Tenons-nous-en donc à ça pour le moment.

Pourquoi tant de bruit ?

Sur les réseaux sociaux, Mills, une des têtes de proue du mouvement, a plus de 1.2 millions de followers sur Instagram, et Niomi Smart, 24 ans, en a 1.8. Beaucoup de consommateurs ont vraiment adopté le mouvement – le choux kale est incontournable, les graines chia sont connues de tous, l’huile de coco est désormais dans tous les supermarchés, et les Nutri Bullet se vendent comme des petits pains.

Quand un chou devient symbole

Même des chefs gourmands comme Jamie Oliver et Nigella Lawson ont adapté leur offre pour se plier à l’alimentation plus « clean », entre les livres « super foods » de l’un et les graines chia et toasts d’avocat de l’autre. En 2014, l’OMS a réduit de moitié ses recommandations de sucre par personne, et les conclusions des scientifiques sur les méfaits du beurre ont fait la une. Trop santé, n’est-ce pas ?

Les Clean Eaters se sont vu critiqués quand des détracteurs ont mis l’accent sur le fait que beaucoup distribuaient des conseils diététiques sans avoir la moindre qualification, certains exagérant les bénéfices de l’élimination de plusieurs groupes d’aliments d’un coup. Certaines de ces informations, promues par des personnes minces et célèbres et prises au pied de la lettre, ne sont basées sur aucunes preuves, et peuvent même être en contradiction avec les avis des professionnels. Des faits déroutants, stressants et frustrants pour ceux et celles cherchant simplement à prendre soin de leur santé.

Est alors apparu le mot « orthorexie », décrivant ceux souffrant d’une obsession malsaine autour de la nourriture « santé ». Ce focus mal centre sur le bien-être entrainerait-il un mal-être ?

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